Beryl en la demeure

Ouragan Beryl : 01-07-2024

La dernière fois qu’on a écrit un blog, c’était en partant de Saint-Martin, suite à notre visite du chantier de St-Kitts. Nous hésitions alors entre St-Kitts et la Grenade pour laisser le bateau durant la saison des ouragans.

A ce moment, on supposait que la Grenade était un des meilleurs endroits pour laisser le bateau durant la saison chaude et on se demandait si l’idée de laisser le bateau sur un mooring supervisé valait la peine d’être considéré.

Oh là là. Ça ne s’est vraiment pas passé comme prévu! Pour la première fois depuis des décénies, la Grenade et ses iles dépendantes ont été frappées de plein fouet par un ouragan… et pas un petit.

The last time we wrote a blog, we were departing from Saint-Martin after visiting the St-Kitts shipyard. At the time, we were hesitating between St-Kitts and Grenada to leave the boat during hurricane season.

Back then, we assumed that Grenada was one of the best places to leave the boat during the summer season, and we wondered if the idea of leaving the boat on a supervised mooring was worth considering.

Oh dear. Things didn’t go as planned at all! For the first time in decades, Grenada and its dependent islands were hit hard by a hurricane… and not a small one.

Béryl a frappé la région en catégorie 4, causé plus de 6 milliards de $USD en dommages et tué 48 personnes. Ça n’était pas qu’une petite tempête tropicale.

L’île de Carriacou, située à peine à 50km au nord, a été complètement rasée. La rive nord de la grenade a aussi subi de très importants dégâts. Même la rive sud de la Grenade, et qui était protégée du coeur de l’ouragan par le relief très accidenté de l’ile, a été frappée assez durement. Dans la baie voisine de celle où nous avions laissé Sage, pas moins de 17 bateaux se sont échoués, arrachés de leur mouillage par les vents et la houle qui ont fait leur chemin dans la baie, en contournant les récifs de corail.

Beryl struck the region as a Category 4, causing more than 6 billion USD in damages and killing 48 people. It wasn’t just a little tropical storm.

The island of Carriacou, located barely 50 km to the north, was completely devastated. The northern shore of Grenada also suffered very significant damage. Even the southern shore of Grenada, which was protected from the hurricane’s core by the island’s rugged terrain, was hit quite hard. In the bay next to where we had left Sage, no fewer than 17 boats were grounded, torn from their moorings by the winds and waves that made their way into the bay, bypassing the coral reefs.

Un peu par miracle, Sage ne semble avoir subi aucun dommage. L’information nous est arrivée péniblement lentement, mais jusqu’à présent, toutes les photos que nous avons reçues nous montrent Sage exactement dans l’état où nous l’avions laissée. Le vieux cellulaire que nous avions laissé à bord nous a aussi permis de nous connecter à distance au contrôleur solaire qui nous a confirmé que les batteries sont maintenues à un bon état de charge, et que par conséquent les pompes de cales sont toujours en état de faire leur travail si un peu d’eau avait du s’infiltrer. Bref, très peu de nouvelles, mais toutes de “bonnes” nouvelles.

By some miracle, Sage seems to have suffered no damage. The information reached us painfully slowly, but so far, all the photos we’ve received show Sage exactly as we left her. The old cellphone we left on board also allowed us to connect remotely to the solar controller, which confirmed that the batteries are well-charged and that the bilge pumps are still working if any rain water made its way in. In short, very little news, but all of it “good” news.

Nous sommes calmes et plutot rassurés aujourd’hui, mais les quelques jours qui ont précédé le passage de la tempête n’ont pas été de tout repos.

Béryl a été annoncé le 29 juin, alors que nous étions de retour au Canada, au travail pour la saison d’été. La plupart des formations cycloniques qui se développent si tôt dans la saison sont généralement moins intenses et rarement aussi au sud. Ça n’était pas le cas de Béryl, qui est resté très au sud et s’est développé particulièrement rapidement pour devenir un ouragan de catégorie 5 en l’espace de quelques jours. Même avec les prévisions, qui devenaient de plus en plus précises d’un jour à l’autre, il nous aurait été impossible de nous déplacer jusqu’à la Grenade et d’armer le bateau à temps pour pouvoir trouver refuge au sud. Même pour les gens restés sur place, quitter la Grenade vers le sud, avec si peu de temps devant eux et l’incertitude quant à la direction que l’ouragan allait prendre, représentait un risque non-négligeable. C’est néanmoins la décisions que plusieurs prirent, comme on le voit sur l’image de Marine Traffic, qui montre un véritable ras-de-marée de petits bateaux de plaisance (ceux en rose) qui se sauvent vers le Sud, pour trouver refuge dans les mouillage surchargés de Trinidad.

We are somewhat reassured today, but the days leading up to the storm were far from restful.

Beryl was announced on June 29, while we were back in Canada, working for the summer season. Most cyclonic formations that develop so early in the season are usually less intense and tend to move much further north. This was not the case with Beryl, which stayed very far south and developed particularly quickly into a Category 5 hurricane within a few days. Even with forecasts becoming increasingly accurate day by day, it would have been impossible for us to reach Grenada in time to secure the boat and find refuge further south. Even for those who stayed on site, leaving Grenada to hide south, with so little time ahead and uncertainty about the hurricane’s path, was a significant risk. Nevertheless, that was the decision many made, as seen in the Marine Traffic image, showing a true tidal wave of small pleasure boats (the pink ones) fleeing south to find refuge in the overcrowded anchorages of Trinidad.

 

Marine Traffic, 30/06/2024, 6pm

De notre coté, pris à des milliers de kilomètres au Nord, il ne nous restait pas grand chose à faire à part espérer que notre préparation était suffisante pour protéger le bateau. Mais outre une bonne préparation du bateau, c’est surtout par pure chance que Sage a été épargnée. Le relief très accidenté de la grenade a protégé la rive sud contre le pire des vents et les nombreux récifs qui obstruent l’entrée de la baie ont cassé la houle qui venait du sud et qui a causé l’échouage de tant de voiliers dans les baies voisines.

Cette période de quelques jours, où les vidéos et les nouvelles catastrophiques nous arrivaient en continu a été assez anxiogène.

De mon côté, peut être un peu plus pessimiste, ou plutôt tentant de me protéger contre une éventuelle déception, j’anticipais le pire en essayant d’imaginer quelles options allaient s’offrir à nous. À un certain point, j’étais déjà en train de magasiner le prochain bateau.

Magalie, fidèle à son habitude, restait optimiste et essayait de me convaincre que le bateau était en sécurité sur son mouillage, et que nous avions déjà évité le pire lors des passages de Dorian et Ian quelques années plus tôt. J’avais beau lui expliquer qu’un ouragan de catégorie 5, ça ne laisse rien derrière – ni maison, ni feuilles dans les arbres et que si la houle de 30 pieds n’abimait pas le bateau, ça serait sans doute une Yaris emportée par le vent ou un bout de toiture de maison qui s’abat sur le pont qui allait venir à bout du bateau.

Heureusement, comme souvent, Magalie avait raison, et les épisodes de Toyotas volantes se sont limités aux îles de Carriacou et des Grenadines. Ça fait déjà des décénies que la science fiction nous promet des voitures volantes – j’aurais quand même préféré que ça soit un résultat de l’avancement des technologies plutôt que le réchauffement climatique. M’enfin.

Tout le monde n’a pas été aussi chanceux que nous – des centaines de bateaux, autant à Carriacou qu’en Grenade sont endommagés au point de n’être plus récupérables, et c’est sans parler de tous les résidents qui ont perdu leur maison, leur chèvre et leur Yaris.

On our side, stuck thousands of kilometers to the north, there wasn’t much to do except hope that our preparation was good enough to protect the boat. But beyond good boat preparation, it was mostly pure luck that Sage was spared. The rugged terrain of Grenada protected the southern shore from the worst winds, and the numerous reefs obstructing the bay entrance broke most of the swell coming from the south, which caused so many sailboats to break loose in nearby bays.

Those few days, with videos and catastrophic news coming in continuously, were quite stressful.

On my side, perhaps a bit more pessimistic or rather trying to shield myself from potential disappointment, I anticipated the worst by trying to imagine what options would be available to us. At one point, I was already shopping for the next boat.

Magalie, true to her habit, remained optimistic and tried to convince me that the boat was safe on its mooring and that we had already avoided the worst during the passages of Dorian and Ian a few years earlier. I tried to explain to her that a Category 5 hurricane leaves nothing behind—no houses, no leaves on the trees, and if the 30-foot swell didn’t damage the boat, it would probably be a Yaris carried by the wind or a sharp piece of house roofing falling on the deck that would finish it off.

Fortunately, as often, Magalie was right, and the episodes of flying Toyotas were limited to the islands of Carriacou and the Grenadines. It’s been decades since science fiction has promised us flying cars—I would have preferred it to be the result of technological advancement rather than climate change. Oh well.

Not everyone was as lucky as us—hundreds of boats, both in Carriacou and Grenada, were damaged beyond repair, not to mention all the residents who lost their homes, goats, and Toyotas. 

Images de multiples sources sur le web…

Notre été au Québec

Depuis notre retour, nous avons beaucoup travaillé, et repris les projets de maison. Rémy à Fermont la moitié du temps, et Magalie à Sherbrooke la plupart du temps. Nous n’avons pas eu beaucoup d’occasion pour la famille et les amis, mais on se reprendra cet automne, il nous reste encore un peu de temps. Je vous laisse donc sur ces quelques images de notre vie terrestre. On vous reparle en direct de Sage dans quelques mois!

Bon été tout le monde!

Since we came back, we spent too much time working, and a little time taking care of the house projects. Remy’s in Fremont half the time, and Magalie in Sherbrooke most of the time. We did not yet have enough occasions to see friends and family, but there is still time to catchup! I’ll leave you here with those few images of our landlife. We’ll be back with more stories and news from aboard Sage in a few months.

Enjoy your summer!

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This Post Has 5 Comments

  1. Karmen

    Merci pour le partage, c’est toujours agréable et intéressant d’avoir de vos nouvelles !

  2. Tony Gibb

    As you know we are relived to hear Sage gets to live and sail again on the deep blue. Looks like the summer has been a good one with work, friends and family. We are looking forward to more tales from the open ocean onboard Sage and wish you the best of seasons. Are you planning on leaving the Eastern Caribbean or moving on to other fertile grounds? Wherever, all the best….

    1. Magalie Laniel

      Thanks Tony! Yes, we are indeed planning to leave the Eastern Caribbean… Sneak peak on the plan : Sailing to Guatemala (Rio Dulce) for big yard projects : ripping off the teak deck, and all side projects that comes with this… recoring any soft spots, possibly reglassing the whole deck, repaint, etc. Also recoring the anchor locker bulkhead and covers, installing an electrical windlass, recoring the cockpit floor, solidifying the deck under the main traveler, rebeding the port lights (shopping for the replacement screws for this has been a nightmare), building a new dodger (possibly in 2 halves), waterproofing the bulkhead in front of the rudder post, etc. So as you guess, this will not be a short stop. We’ll try to get there early in the season to benefit from the dryer winter climate to work on the deck, and we’ll take a break in the summer to come back home as usual. Well, that’s the general plan 😉
      How is your summer? And what are your next adventures?

  3. Chantal Bergeron

    Bonjour Magalie, ça faisait un moment que je n’avais pas pris le temps de vous lire. Heureuse de constater que ça va bien malgré les inquiétudes qui peuvent vous « hanter » quand le mauvais temps s’annonce. Je compléterai mon déménagement définitif vers Montréal cet automne. Au plaisir de se revoir lors de votre prochain passage au Québec.

  4. Suzanne

    It’s always a pleasure to read your adventures, your worries and your plans. So happy for you to hear that Sage seems to be doing well. We were following that storm very intensely but it’s so hard to really get what’s going on. I’ll try to contact you soon. I need your help with the DC113 website. In the meantime, big hugs to you both from the two of us.

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