Gratez-moi l’teck – part 2

Guatemala

On est parti du Québec deux jours trop tard cette année… On s’est pris la première tempête de neige en pleine gueule la veille de notre départ. Comme on partait sur le même vol que notre ami Gaël, et qu’il devait quitter son appart avant de partir, on avait prévu l’aider à finaliser quelques trucs de déménagement la veille du départ. Finalement, « quelques trucs » ça impliquait aller chercher un camion de déménagement, le charger, faire un aller-retour à Trois-Rivières, revenir dormir à Longueuil, le lendemain matin charger les lits et ce qu’il reste dans l’appart dans le camion, faire un aller-retour à Montréal pour décharger ça dans un entrepôt, pour ensuite partir en auto de Longueuil avec nos bagages, débarquer tout ça à l’aéroport pour que Gaël puisse aller porter l’auto à Lachine et revenir en Uber pour le vol. Gaël n’arrêtera jamais de nous surprendre avec ses plans… on aurait dû s’en douter depuis le temps qu’on le connait. Mais, malgré le stress, le manque de sommeil et les gougounes pleines de neige, tout s’est bien déroulé! On a réussi à tout faire sans manquer notre vol, ni prendre le champ avec le camion de déménagement! Bravo Rémy pour ta conduite en cowboy exemplaire.

We left Québec two days too late this year; we took the first snowstorm of the season straight in the face the day before departure. Since we were flying out on the same flight as our friend Gaël, and he had to move out of his apartment before leaving, we had planned to help him finish up a few moving “things” the day before departure. In the end, “a few things” meant picking up a moving truck, loading it, doing a round trip to Trois-Rivières, coming back to sleep in Longueuil, then the next morning loading the beds and whatever was left in the apartment into the truck, doing a round trip to Montréal to unload everything into a storage unit, then driving from Longueuil to the airport with all our luggage, unloading it there so Gaël could return the car in Lachine and Uber back to the airport for the flight. Gaël will never stop surprising us with his plans… we should have known, considering how long we’ve known him. But despite the stress, the lack of sleep, and the flip-flops full of snow, everything went smoothly. We managed to do it all without missing our flight, and without ditching the moving truck in a snowbank. Bravo Rémy for your exemplary cowboy driving.

Arrivé à Guatemala City, pas mal plus tard que prévu à cause de la fameuse tempête, la journée n’était pas finie. On a retrouvé Sandie, qui arrivait d’Argentine après une compétition de rafting, et on est allé chercher notre auto de location. Ouf… Fallait pas être pressés! Pas grave; rendus là, 2h de plus ou de moins, qu’est-ce que ça change? En plein milieu de la nuit, on a réussi à trouver notre auberge et à dormir quelques heures avant de prendre la route vers Rio Dulce le lendemain. Encore là, le lendemain matin, fallait pas être trop pressés, parce qu’avec les bons conseils du préposé de nuit de l’auberge, on a réussi à se stationner dans un espace « réservé » pour les motos. C’est-à-dire qu’en revenant le lendemain, il y avait des motos cordées comme des tranches de pain, en avant et en arrière de l’auto! Oups. Il a donc fallu faire déplacer quelques motos avant de sortir de là… par des gérants pas très contents…

Arriving in Guatemala City, much later than expected because of the famous storm, the day still wasn’t over. We met up with Sandie, who was arriving from Argentina after a rafting competition, and went to pick up our rental car. Oof… you couldn’t be in a hurry. Not that it mattered; at that point, what difference do a couple of hours make? In the middle of the night we managed to find our hostel and sleep a few hours before driving to Rio Dulce the next day. Once again, the following morning, you couldn’t be in too much of a hurry, because thanks to the helpful advice of the hostel’s night clerk, we managed to park in a “reserved” motorcycle space. Meaning that when we came back the next day, motorcycles were lined up like slices of bread, in front of and behind the car. Oops. So we had to get a few motorcycles moved before getting out of there… by managers who were not exactly pleased.

On avait vraiment hâte d’arriver au bateau. Six mois, c’est long. Et la jungle, ça reprend son territoire assez vite. Dans quel état on allait retrouver Sage? Tout vert? Tout moisi en dedans? Yish…

La réponse qui nous a réjouis : on l’a retrouvée en super état! Étonnamment propre, pas de moisi à l’intérieur, pas si sale de que ça à l’extérieur, et les ventilateurs ventilaient encore.

Conclusion : Le patentage de Rémy a fonctionné à merveille. Vous souvenez-vous ce qu’il a fait? (ben non, ça fait trop longtemps que vous avez lu le dernier blog!) Il avait installé deux ventilateurs de salle de bain 120V, un dans la pointe avant, et un dans la cabine arrière, qu’il a connecté sur les panneaux solaires avec un relai 12V et la logique suivante.

S’il fait soleil = Fan ON / S’il fait nuit ou nuageux = FAN OFF

En gros, ça faisait un échangeur d’air qui fonctionnait seulement quand il faisait soleil, donc quand l’air était (plus) sec. Et quand il pleuvait, ou que c’était la nuit, il n’y avait pas d’échange d’air forcé avec l’extérieur.

Oh et on avait aussi un ventilo qui ventilait non-stop au milieu du bateau, juste pour brasser l’air…

Un vrai génie ce Rémy j’vous dit!

We were really looking forward to getting back to the boat. Six months is a long time. And the jungle reclaims its territory quickly. In what condition would we find Sage? Completely green? Completely moldy inside? Yish…

The answer that made us happy: we found her in great shape. Surprisingly clean, no mold inside, not even that dirty outside, and the fans were still ventilating.

Conclusion: Rémy’s little contraption worked perfectly. Do you remember what he did? (No, of course not, it’s been too long since you read the last blog.) He had installed two 120V bathroom fans, one in the forward cabin and one in the aft cabin, wired to the solar panels through a 12V relay with the following logic:

If sunny = FAN ON / If night or cloudy = FAN OFF

In short, it acted as an air exchanger that ran only when the sun was out, meaning when the air was (more) dry. When it rained, or at night, there was no forced air exchange with the outside.

Oh and we also left a regular fan for air circulation in the middle of the boat at all times.

A real genius, that Rémy, I’m telling you.

Bon après la réjouissance de retrouver le bateau en bon état (non moisi du moins), on a commencé à fouiller un peu plus, et évidemment, on a eu quelques surprises! Un bateau, ça brise même quand on ne l’utilise pas. Si vous n’étiez pas au courant, vous voilà informé.

Les surprises :

  • La lentille de hatch de salle de bain s’était décollée toute seule (heureusement, ça a juste fait un peu d’eau dans la panne de douche de la salle de bain!)
  • Le chargeur à batteries était mort (alors qu’il n’était même pas connecté) et
  • La génératrice ne démarrait plus.
  • Pis c’est pas mal tout.
  • Presque rien de brisé… tellement inhabituel qu’on en a gardé notre habitude de faire des listes
    • Très longues
    • Avec des bullet points imbriqués.
    • Même si on n’en aurait pas vraiment eu besoin cette fois.

Pendant ces quelques jours « retrouvaille-découvertes » nos amis Gaël et Sandie étaient partis à Cayo Quémado avec notre dinghy. Notre super Frankendinghy patché par-dessus patché, qui dégonflait dans le temps de le dire. Pas le temps de le recoller, aweille à Cayo Quemado… C’est quand même 12mn one way. On était un peu inquiets. On s’est assuré de leur laisser des bonnes vestes de sauvetage. Trois jours plus tard, y sont revenus! Avec le sourire en plus! Quels aventuriers ces deux-là. Bon, Gaël on connait sa témérité. Sandie, pro du rafting, n’était pas à sa première vague les fesses assis sur un boudin mou elle non plus. Alors tout s’est bien passé!

Prochaine aventure : TIKAL

On est remontés dans notre belle Yaris de location, et 5h plus tard, on arrivait à Flores, une belle petite ile sur un lac tout près du parc national de Tikal. Le niveau d’eau était super haut à cause des pluies intenses des dernières semaines, mais ça ne semblait inquiéter personne.

After the joy of finding the boat in good shape (at least not moldy), we started digging a little deeper, and of course, we had a few surprises. A boat breaks even when you’re not using it. If you didn’t know that, now you do.

The surprises:

  • The lens of the bathroom hatch had unglued itself (fortunately it only let a bit of water into the shower pan).
  • The battery charger was dead (even though it wasn’t connected), and
  • The generator would no longer start.
  • And that’s pretty much it.
  • Almost nothing broken… so unusual that we kept our habit of making lists
    • Very long ones
    • With nested bullet points
    • Even if we didn’t really need them this time

During those few “reunion-discovery” days, our friends Gaël and Sandie had gone to Cayo Quemado with our dinghy. Our super Frankendinghy, patched over patches, that deflated in no time at all. No time to reglue it—off to Cayo Quemado. It’s still 12 nautical miles one way. We were slightly concerned. We made sure to leave them good life jackets. Three days later, they came back. Smiling, no less. What adventurers, those two. Gaël, we know his boldness. Sandie, rafting pro, was not on her first wave sitting on a soft inflatable tube either. So everything went well.

Next adventure: TIKAL

We got back into our beautiful rental Yaris, and five hours later we arrived in Flores, a pretty little island on a lake very close to Tikal National Park. The water level was extremely high because of heavy rains in the past weeks, but it didn’t seem to worry anyone.

Le lendemain on est partis tôt pour Tikal, une ancienne cité Maya au milieu de la jungle. On a eu la chance de se trouver un guide privé pour une demi-journée. Un vrai régal!

Tikal, c’est difficile à décrire sans tomber dans les clichés. C’est immense, silencieux et bruyant en même temps. Des pyramides de pierre qui sortent de la jungle comme si quelqu’un les avait oubliées là, et que la forêt avait décidé de reprendre autour. Certaines structures sont complètement dégagées, d’autres à moitié avalées par la végétation, avec des racines grosses comme des colonnes qui coulent sur les murs. On marche sur des sentiers de terre rouge, entourés d’arbres démesurés, pendant que les singes se chargent de l’ambiance sonore. Du haut des temples, la vue est irréelle : une mer de jungle à perte de vue, percée ici et là par la cime des pyramides.

The next morning we left early for Tikal, an ancient Maya city in the middle of the jungle. We were lucky enough to find a private guide for half a day. A real treat.

Tikal is difficult to describe without falling into clichés. It’s immense, silent and noisy at the same time. Stone pyramids rising out of the jungle as if someone had forgotten them there and the forest had decided to grow back around them. Some structures are completely cleared, others half swallowed by vegetation, with roots as thick as columns flowing down the walls. You walk on red dirt paths surrounded by oversized trees, while monkeys take care of the soundtrack. From the top of the temples, the view is unreal: a sea of jungle as far as the eye can see, punctured here and there by the tops of pyramids.

De retour à nos projets de bateau. La liste est longue, mais on ne fera pas tout ce qu’il y a dessus, sinon on ne retournerait jamais naviguer. D’ailleurs, pour ceux qui trouveraient qu’on ne navigue pas assez, ça démontre une chose, c’est que vous n’avez jamais gouté aux tacos du Rio Dulce. Alors on priorise une « short list », quelque chose de réaliste avec le temps qu’on a – ça nous permet de retourner naviguer un jour, et ça laisse un peu de temps pour les tacos. Et ça commence par :

Étanchéifier la cloison devant le safran.

Back to our boat projects. The list is long, but we won’t do everything on it, otherwise we would never go sailing again. Besides, for those who think we don’t sail enough, that proves one other thing: you have never tasted Rio Dulce’s tacos. It’s alone a good reason to spend some more time here! So we prioritize a “short list,” something realistic for the time we have—it lets us go sailing again one day, and it leaves some time for tacos. And it starts with :

Sealing the bulkhead in front of the rudder

Le safran d’un bateau est exposé aux collisions avec les objets flottants. Si une telle collision survient, non seulement il est possible qu’une voie d’eau soit causée, mais surtout, avec le safran toujours en place, c’est une voie d’eau qu’il devient impossible de colmater.

Un peu comme c’est arrivé au voilier Arcona dans cet article : https://blog.geogarage.com/2025/01/arcona-yacht-sinking-couple-share-how.html

Pourtant, la solution n’est pas très compliquée, il suffit de s’assurer de créer une cloison étanche – ou du moins étanche jusqu’au-dessus de la ligne de flottaison – à l’avant du safran. Ainsi, si l’eau entre à cause d’une collision, ou d’un bris du presse-étoupe, l’eau n’envahira pas systématiquement l’ensemble du bateau et la zone inondée sera limitée.

D’ailleurs, notre bateau a déjà une cloison juste devant le safran, (derrière le réservoir d’essence) mais la cloison est perforée pour laisser passer des câbles, des fils, des conduites de ventilation et de la tuyauterie. Le projet était donc de relocaliser les zaffaires, (tuyaux etc.) et de boucher les trous avec du honeycomb et de la fibre. La seule difficulté était que pour travailler cette cloison, il faut enlever la mécanique de barre à roue (ce qu’on avait déjà fait au printemps) et déplacer le réservoir diesel (qui mérite un bon lavage de toute manière).

Sur la 2e photo, on a indiqué en vert les endroits où des ouvertures étaient pratiquées dans la cloison qui se situe devant la mèche de safran.

Et sur la 3e photo, on a montré en bleu le niveau de la ligne de flottaison et le haut de la cloison… Grâce à cette petite modification, on peut donc, en théorie, perdre notre safran sans couler!

On a aussi appliqué un peu de résine sur le revers des murs de la cabine arrière pour les protéger de l’humidité potentielle dans les coffres de cockpit et on a appliqué un peu de fibre dans les coins susceptibles de couiner.

The rudder of a boat is exposed to collisions with floating objects. If such a collision occurs, not only can it cause a leak, but more importantly, with the rudder still in place, it becomes a leak that is impossible to plug.

A bit like what happened to the Arcona sailboat in this article:

https://blog.geogarage.com/2025/01/arcona-yacht-sinking-couple-share-how.html

Yet the solution is not very complicated: you just need to ensure you create a watertight bulkhead—or at least watertight above the waterline—forward of the rudder. That way, if water comes in due to a collision or a failed stuffing box, the water will not automatically flood the entire boat and the flooded area will remain limited.

In fact, our boat already has a bulkhead just forward of the rudder, behind the fuel tank. But that bulkhead is perforated to allow cables, wires, ventilation ducts, and plumbing to pass through. So the project was to relocate the stuff (hoses, etc.) and fill the holes with honeycomb and fiberglass. The only difficulty was that to work on that bulkhead, we had to remove the steering mechanism (which we had already done in the spring) and move the diesel tank (which deserved a good cleaning anyway).

In the 2nd photo, we marked in green the areas where openings had been made in the bulkhead located forward of the rudder stock.

In the 3rd photo, we showed in blue the waterline level and the top of the bulkhead… Thanks to this small modification, we can now, in theory, lose our rudder without sinking.

We also applied some resin to the backside of the aft cabin walls to protect them from potential moisture in the cockpit lockers, and added some fiberglass in the corners that were likely to squeak.

Autre projet :

Refaire l’intérieur des cabinets de cuisine

Wauquiez font bien les choses de manière générale, mais comme toute bonne règle de français, il y a une exception. Et cette exception sur notre bateau, c’est l’intérieur des armoires. Bref, ces deux armoires étaient faites d’un genre de bois aggloméré / mélamine. Avec l’humidité, et probablement quelques infiltrations d’eau, 43 ans plus tard on réalise que, la mélamine, ça ne vieilli pas très bien. On a déjà refait celui de la salle de bain (en Floride), on a éliminé celui de la cabine arrière pour y installer le désalinisateur (à St-Martin), il reste donc ceux de la cuisine… à faire idéalement avant qu’un poêlon passe à travers.

On se dit que comme on n’est pas super bien équipé, ni installé, pour travailler le bois, qu’on va vite manquer de temps, et que la main d’œuvre spécialisée est relativement accessible ici, on devrait en profiter pour faire faire ça par un artisan du coin.

Un appel WhatsApp et une visite plus tard, bing bang pouf, les armoires sont sorties du bateau et embarquées comme par magie dans un tuk-tuk en direction de l’atelier de l’artisan qui nous a été recommandé. On s’entend sur le prix, qu’on trouve plutôt dispendieux, mais on se dit que si c’est fait par un pro, c’est un bon investissement. 

Another project:

Redo the inside of the galley cabinets

Wauquiez generally does things properly, but like any good French rule, there’s an exception. And on our boat, that exception is the inside of the lockers. In short, those two cabinets were built from some kind of particleboard / melamine. With humidity, and probably a few water intrusions, 43 years later we’ve learned that melamine does not age well. We already redid the bathroom one (in Florida), removed the aft cabin one to install the watermaker (in St. Martin), so that leaves the galley ones… ideally before a frying pan falls through.

We figured that since we’re not very well equipped or set up to do woodworking, that we’d quickly run out of time, and that skilled labor is relatively accessible here, we might as well have a local craftsman handle it.

One WhatsApp call and a visit later, bing bang poof, the cabinets were out of the boat and magically loaded into a tuk-tuk headed for the recommended artisan’s workshop. We agreed on a price, which we found rather high, but assumed that if it was done by a pro, it was a good investment.

Fast forward 2 semaines, les armoires reviennent en tuk-tuk. Même acrobaties à reculons, pouf bang bing, et elles sont revenues dans le bateau. Sauf que minute pompon, elles ne sont pas près d’être réinstallées. On réalise que soit le pro n’est vraiment pas un pro, soit il a refilé la job à son apprenti-débutant-sans-talent.

  • L’armoire qui va au mur (sur la cloison) n’a pas été faite à plat, elle s’accote au mur comme une table de resto qui branle d’un bon ¼ de po.
  • La porte du bas ne ferme plus, car la tablette a été installée trop près de la penture.
  • La tablette trouée pour les verres a été coupée à la scie sauteuse au lieu de prendre un « hole saw » de la bonne grandeur. Résultat, les trous sont en format patatoïde, et les verres ne se tiennent pas debout dans leur trou.
  • Les 3 tiroirs à ustensiles ne fittent plus dans leur trous non plus, car la paroi intérieure n’est pas exactement à la même place que l’ancienne.
  • Ne parlons pas non plus de la finition de la peinture des tablettes, qui dépasse un peu partout…

Si juste une de ces erreurs-là était arrivée, j’aurais été déçu du travail du « pro ». Tout ça en même temps? Je ne sais pas comment vous expliquer que c’est possible. On fait presque TOUJOURS tout nous-même… Et je vous garantis qu’on va continuer de faire ça! Alors on a réparé les erreurs, et 5 jours plus tard, les armoires étaient réinstallées à leur place.

Pas de photos de cette étape trop démoralisante...

Fast forward two weeks, the cabinets came back by tuk-tuk. Same backward acrobatics, poof bang bing, and they were back on board. Except, hold on—they were nowhere near ready to reinstall. We realized either the “pro” wasn’t really a pro, or he handed the job to his talentless beginner apprentice.

  • The cabinet that mounts against the bulkhead wasn’t built flat; it leans against the wall like a restaurant table that wobbles a solid ¼ inch.
  • The lower door no longer closes because the shelf was installed too close to the hinge.
  • The perforated glass shelf was cut with a jigsaw instead of using a properly sized hole saw. Result: potato-shaped holes, and the glasses don’t stand upright in them.
  • The three utensil drawers no longer fit their openings because the inner partition isn’t exactly where the old one was.
  • And let’s not discuss the paint finish on the shelves, which overflows everywhere…

If just one of these errors had happened, I would have been disappointed in the “pro’s” work. All of them at once? Hard to explain how that’s possible. We almost ALWAYS do everything ourselves… and I guarantee we’ll keep doing it. So we fixed the mistakes, and five days later the cabinets were back in place.

No photo of this sad step...

Nouveau lettrage!!!

Maintenant un projet plus satisfaisant, selon Mag, parce qu’elle y travaille secrètement depuis plusieurs mois. On a refait le lettrage de Sage, et on a non seulement changé la police d’écriture, mais on l’a fait à la peinture (avec un super « stencil » imprimé par Charles Emerick à Laval) pour qu’enfin le lettrage et le bleu des lignes soient tous en harmonie! Et on l’a fait à la peinture polyuréthane 2 composantes pour que ça soit durable, surtout qu’on frotte souvent à cet endroit en arrivant en dinghy. On s’est fait faire un super « color-match à la mitaine » par le vendeux de peinture de la quincaillerie.

New lettering!!!

Now a more satisfying project, according to Mag, because she’s been secretly working on it for months. We redid Sage’s lettering, not only changing the font but painting it (with a great stencil printed by Charles Emerick in Laval) so that at last the lettering and the blue stripes are in harmony. We used two-part polyurethane paint so it will last, especially since we often rub that spot when arriving by dinghy. The hardware store paint guy gave us an impressive “hand-mixed” color match.

On a aussi refait notre panneau de contrôle pour le moteur, parce que je n’étais pas très satisfait de l’ancien et on a supprimé les speakers de cockpit, parce qu’on ne s’en servait jamais et que Magalie passait son temps à s’assommer sur la protrusion que ça créait dans la cabine arrière.

We also redid our engine control panel, because I wasn’t very satisfied with the old one, and removed the cockpit speakers since we never used them and Magalie kept smashing herself on the protrusion they created in the aft cabin.

Je vous épargne le reste de la liste, vous allez penser qu’on ne fait que bricoler…

I’ll spare you the rest of the list—you’ll think we do nothing but tinker…

Ça l’air de rien, mais le temps a passé vite et Gaël est revenu nous faire une visite express avant de rentrer au Québec, juste avant Noël. Mag en a profité pour me donner un congé. Elle vous raconte :

Gaël et moi on est parti en minibus vers El Estor, pour aller descendre un petit canyon en trippe de tracteur. C’est, comme toujours, une aventure de voyager avec lui. La ride de minibus… on était 25 dans un bus 15 passagers. On était les deux assis chacun une fesse sur la bosse de roue à côté des bancs qui étaient bien remplis. On se disait que, ouf, on avait été chanceux qu’ils nous embarquent, le bus est bien plein! Mais on n’avait rien vu, car ils ont continué à embarquer du monde en s’en allant. Un moment donné la porte ne fermait plus, donc il y avait 3-4 personnes debout dans la porte, la moitié du corps qui dépasse au grand vent! On repassera pour la sécurité…

Arrivé à destination, il mouillait à boire debout, et on avait une marche de 2h dans la jungle pour se rendre. Allez hop, dans la bouette, en faisant quand même attention parce que c’est glissant des roches pleines de belle bouette bien trempe. La trail était assez bien entretenue, avec de beaux points de vue où on n’a rien vu du tout.

En approchant du village, qui est tout en haut du canyon, le sentier longeait de plus en plus la rivière, et plusieurs chutes coulaient de la montagne vers le canyon. On trouvait que la rivière était haute, et assez intense. Mais on avait téléphoné la veille pour savoir si c’était un bon temps pour descendre en tube, le monsieur avait dit : Si! No problema!

J’avais précommandé un lunch au resto pour qu’on puisse manger avant de faire notre descente infernale du canyon. Mais arrivé sur place, le monsieur m’explique que le resto est fermé, car la madame qui fait la bouffe a eu un empêchement et n’a pas pu venir travailler aujourd’hui. Il nous propose d’acheter un truc à bouffer au dépanneur et nous fait visiter leur petit village Maya en même temps.

Pendant qu’on dégustait notre repas de soupe ramen et sardines, notre guide est arrivé avec les 2 trippes de tracteur. Dos tubos? On comprend donc que notre guide allait nager à côté de nous pendant qu’on descendrait la rivière. Drôle de plan…

Donc on finit notre pic-nic, on s’habille en wetsuit d’expédition, on range tout le reste dans nos sacs étanches, on paye notre « descente » au monsieur, et on part dans le sentier avec les 2 trippes et le guide. Notre guide a un fort accent Maya, et n’est pas très jasant. On lui pose des questions, mais on ne comprend pas très bien les réponses… Plus on marche, plus on approche de la « rampe de mise à l’eau des tubos » plus on comprend que ça ne lui tente pas vraiment. Il nous répète « Peligroso!!! Muy peligroso!!! ». Et on lui dit (dans notre meilleur espagnol) que c’est lui qui connait la rivière, donc s’il dit que c’est trop dangereux, on n’ira pas. Et s’il dit que ça le fait, on y va! Mais il nous répète, que si on veut y aller, on peut y aller, sauf que « MUY PELIGROSO!!! ». Et cet échange a duré un temps interminable, à tourner en rond dans nos questions et réponses, jusqu’à ce que je me tanne, et je commence à remonter le sentier avec ma trippe. Je me suis dit que s’il ne comprenait pas mes paroles, il allait bien comprendre mes gestes! La madame qui revire de bord = Awaye à maison! Les discussions c’est orver-rated.

De retour au village, tout le monde était reparti, mais on a réussi à se faire rembourser notre « descente » de canyon via le monsieur de la maison d’en face, qui est aussi impliqué dans la réserve natuelle. Super. Sauf qu’avec tout ça, il est presque rendu 4h, et le dernier bus est à 5h sur la route principale. On n’a pas le temps de descendre la trail à pied, ça nous a pris 2h tantôt! Faut se trouver une ride en bas du canyon, et ici, c’est pas mal le cul de sac au bout du chemin de terre. Parle à un, parle à l’autre, « necesitamos transportation para tomar el ultimo autobus! » Pour 10$, on a fini chacun derrière une moto, qui nous a redescendu à la route principale via ce chemin très accidenté, et parsemé de cochons et de poulets qui ne savent pas céder le passage aux véhicules. L’aventure continuait.

Le bus a fini par arriver, il était déjà plein à craquer. Si on pensait que la ride du matin était intéressante, on allait être servis au retour… Gaël s’est ramassé avec une madame sur les genoux, et moi avec un torticoli parce que les Guatemaltèques sont bien eux debout dans leur minibus… mais moi, qui les dépasse tous d’une tête, j’étais un peu moins confortable disons…

It doesn’t look like much, but time flew by and Gaël came back to pay us a quick visit before heading home to Quebec, just before Christmas. Mag took the opportunity to give me a little break. She tells you the rest:

Gaël and I hopped on a minibus to El Estor to go float down a little canyon in tractor tubes. As always, traveling with him is an adventure. The minibus ride… there were 25 of us in a 15-passenger bus. The two of us were each perched with one cheek on the wheel well next to benches that were already packed. We were telling ourselves, “Phew, we were lucky they squeezed us in, this bus is full!” But we hadn’t seen anything yet, because they kept picking up more people along the way. At one point the door wouldn’t even close, so there were 3–4 people standing in the doorway, half their bodies sticking out into the wind! So much for safety…

When we got there, it was pouring rain, and we had a two-hour hike through the jungle to reach the canyon. Off we go, into the mud, being careful because wet rocks covered in lovely soaked mud are pretty slippery. The trail was actually well maintained, with beautiful viewpoints where we couldn’t see a single thing.

As we got closer to the village—perched at the very top of the canyon—the path ran more and more alongside the river, and several waterfalls were spilling down the mountain into the canyon. We thought the river looked high, and pretty intense. But we had called the day before to ask if it was a good time to go tubing, and the man had said, “¡Sí! No problema!”

I had pre-ordered lunch at the little restaurant so we could eat before our infernal canyon descent. But when we arrived, the man explained that the restaurant was closed because the woman who cooks had something come up and couldn’t work that day. He suggested we buy something to eat at the corner store and gave us a tour of their small Maya village at the same time.

While we were enjoying our gourmet meal of ramen noodles and sardines, our guide showed up with the two tractor tubes. “Dos tubos?” So we understood that our guide would be swimming alongside us while we floated down the river. Interesting plan…

So we finished our picnic, suited up in our expedition wetsuits, packed everything else into our dry bags, paid the man for our “descent,” and headed down the trail with the two tubes and our guide. Our guide had a strong Maya accent and wasn’t very chatty. We asked questions, but didn’t really understand the answers… The farther we walked toward the “tube launch ramp,” the clearer it became that he wasn’t all that keen. He kept repeating, “¡Peligroso! ¡Muy peligroso!” And we told him (in our very best Spanish) that he knows the river—so if he says it’s too dangerous, we won’t go. If he says it’s doable, we’ll go! But he kept saying that if we want to go, we can go, except that it’s “MUY PELIGROSO!!!” This exchange went on forever, going in circles with our questions and his answers, until I finally got fed up and started walking back up the trail with my tube. I figured if he didn’t understand my words, he’d understand my actions! Lady turns around = we’re going home! Talking is overrated.

Back in the village, everyone had already left, but we managed to get a refund for our canyon “descent” through the man across the street, who’s also involved with the nature reserve. Great. Except that by now it was almost 4 p.m., and the last bus leaves at 5 on the main road. No time to hike back down the trail—it took us two hours earlier! We needed a ride down from the top of the canyon, and this place is basically a dead end at the end of a dirt road. Talk to one person, talk to another, “necesitamos transportation para tomar el último autobús!” For $10, we each ended up on the back of a motorcycle, racing down the main road via that very bumpy track, dotted with pigs and chickens who have no idea how to yield to vehicles. The adventure continued.

The bus finally showed up, already bursting at the seams. If we thought the morning ride was something, we were in for a treat on the way back… Gaël ended up with a lady sitting on his lap, and I walked away with a stiff neck because Guatemalans are perfectly fine standing up in their minibuses… but me, who’s a head taller than all of them, was a little less comfortable, let’s just say…

Gaël est reparti juste avant Noël, et on a passé un temps des fêtes rempli de (devinez quoi?) travaux et derniers préparatifs, parsemé ici et là de soupers avec les amis du chantier, et de feux d’artifices.

Gaël left just before Christmas. We had a holiday filled with (guess what?) boat work and last minute reparation to launch, ponctuated by the occasional holiday dinners and fireworks.

Mise à l’eau

Et après tout ça est finalement venu le temps de remettre le bateau à l’eau. Enfin.

Ne vous inquiétez pas, nous n’avons pas l’intention de rester pris à tout jamais dans le Rio Dulce. On y reviendra peut-être hiverner l’an prochain, pour le prix et les tacos, mais il est temps d’aller naviguer!

Comme toutes les mises à l’eau, ce fut une catastrophe a peine contenue. Je ne sais pas pourquoi, mais les mises à l’eau, c’est toujours des catastrophes. Va falloir s’y faire je pense.

Tout le monde se rappelle qu’autant Sage se comporte bien en navigation, autant les manœuvres à moteur sont impossibles… et nous qui pensions que ça ne pouvait pas être pire!

Les employés du chantier nous ont gentiment sortis du travel lift en nous guidant avec des amarres, et nous ont amenés au quai de service. On en a profité pour remplir nos réservoirs de diesel et remplir les réservoirs d’eau avec des bidons (carafones) qu’il faudra rendre plus tard. Prêts à partir, la manœuvre était pourtant simple; se décoller du quai, en marche avant, éviter une petite lancha qui faisait le plein, et aller se mettre à l’ancre 100 mètres plus loin. On a un gros 45 pieds de large pour faire la manœuvre… facile facile.

Splashing

But after all that rest, it was finally time to relaunch the boat. At last.

Don’t worry, we have no intention of being stuck in the Rio Dulce forever. We might return to winter here next year—for the price and the tacos—but it was time to sail.

As with all launch days, it was barely contained chaos. I don’t know why, but launches are always disasters. We’ll have to accept that.

Everyone remembers that while Sage behaves well under sail, maneuvering under power is nearly impossible… and we thought it couldn’t get worse!

The yard crew kindly guided us out of the travel lift with dock lines and brought us to the service dock. We filled the diesel tanks and topped up the water tanks using returnable jugs. Ready to leave, the maneuver was simple: push off forward, avoid a small lancha fueling nearby, and anchor 100 meters away. We had a full 45-foot-wide channel. Easy.

On met le moteur en marche, qui démarre au quart de tour. On l’avait bien sûr testé quelques jours plus tôt, parce qu’on sait que les mises à l’eau ça craint toujours, pas de chance à prendre.

Donc, on met le moteur en marche… et on décolle lentement l’étrave du quai, vers bâbord, aidés par une petite poussée des employés sur le quai. Slow is pro… ça bouge à peine… c’est ce qu’on veut. Les amarres sont ramenées à bord.

L’angle du bateau nous permet maintenant de passer à côté de la lancha… on n’a qu’à redresser un peu vers tribord, pour se mettre dans l’axe de sortie, et procéder en ligne droite, en marche avant. 800RPM… le plus lent qu’on peut aller… on avance, mais ça ne tourne pas. Plus de barre sur tribord… mais l’étrave continue, très lentement, mais très surement, à se déplacer vers la rangée de bateaux (luxueux) stationnés de l’autre côté du canal. Bizarre… y’a pas de vent, et ça serait quand même curieux qu’il y ait du courant dans la rampe de mise à l’eau.

Le problème, c’est qu’avec un voilier, si l’hélice tourne très lentement, et que le bateau n’a pas de vitesse, il n’y a que très peu d’eau qui pousse sur le safran, et en bout de ligne, pas assez de force pour amorcer le virage. Le truc c’est d’augmenter le régime moteur, et ça permet alors au safran de devenir efficace.

Nope.

Ça tourne juste plus vite vers les bateaux stationnés. On est rendus à 90 degrés dans le canal, entre deux rangées de bateaux. Le large canal de 45 pieds parait soudainement beaucoup plus petit avec un bateau de 38 pieds perpendiculaire aux autres bateaux! Pour ne foncer dans rien, marche arrière, mais le pas d’hélice n’est pas suffisant pour nous redresser. Les employés sur le quai se demandent bien ce qu’on fout. Pendant ce temps-là, on passe en mode « damage control ». On bouge des défenses, on tente de lancer des amarres au employés qui sont encore sur le quai (maintenant pas mal loin de l’étrave)… les lignes tombent à l’eau… le bateau continue à pivoter, il fait un 180 degrés dans le canal… tout le monde donne des instructions à tout le monde (en espagnol, en anglais et en français). Ça ne peut pas tellement aller plus mal.

Et le moteur étouffe.

Bra-vo.

Par chance, avec un jeu d’amarres et de défenses, on réussit à ramener le bateau à quai (mais à l’envers). Les employés du quai de service ne sont pas impressionnés.

À ce moment, je suis pas mal convaincu que nos câbles de gouverne (qui font tourner le safran quand on tourne la barre, sont cassés ou ont glissé des poulies). Je suis peut-être incompétent pour manœuvrer un bateau… mais pas à ce point-là!

J’attrape un masque de plongée, et je descends dans l’eau tout habillé. Je demande à Magalie de bouger la barre à roue, je mets ma tête dans l’eau.. et je vois le safran bouger.

Peut-être que je suis incompétent finalement!?

A ce point ci, j’imagine que tout le monde sur le quai, les employés, les clients, nous prennent pour de beaux bozos, mais j’ose même pas regarder par là… et de toute manière… on a un moteur à remettre en marche. Donc je vais me cacher dans le bateau pour régler le problème moteur pendant que les employés s’impatientent parce qu’on reste stationnés devant la pompe à essence durant un des weekends les plus occupés de l’année… c’était le 2 janvier.

Bonne nouvelle, le problème moteur était flagrant : la valve d’approvisionnement en diesel était restée fermée suite à notre nettoyage de réservoir.

We started the engine—it fired immediately. We had tested it days earlier, because launch days are always risky.

So we started the engine… slowly eased the bow off to port, helped by a gentle push from the yard crew. Slow is pro… barely moving… exactly what we wanted. Lines were brought aboard.

The angle now allowed us to pass the lancha… we just had to correct slightly to starboard, align with the exit, and proceed straight ahead at 800 RPM—the slowest possible. We were moving, but not turning. No helm to starboard… yet the bow kept drifting, slowly but surely, toward a row of (luxurious) boats across the channel. Strange. No wind, and unlikely any current at the ramp.

With a sailboat, if the propeller turns slowly and the boat has no speed, very little water flows over the rudder, and there’s not enough force to initiate a turn. The solution is to increase RPM so the rudder becomes effective.

Nope.

It just turned faster toward the parked boats. We were now 90 degrees across the channel, between two rows of boats. The 45-foot-wide channel suddenly felt much smaller with a 38-foot boat perpendicular to everything! To avoid hitting anything, we reversed—but prop walk wasn’t enough to straighten us. The dockhands wondered what we were doing. We switched to damage control. Fenders moved, lines thrown (poorly) toward the dock—now far from the bow… lines fell in the water… the boat kept pivoting… completed a full 180 in the channel… everyone shouting instructions in Spanish, English, and French. It couldn’t get much worse.

And the engine stalled.

Bravo.

Luckily, with fenders and lines, we brought the boat back to the dock (backwards). The dock crew was unimpressed.

At that point, I was convinced our steering cables had snapped or slipped off the pulleys. I might be incompetent at maneuvering—but not that incompetent.

I grabbed a dive mask and jumped in fully clothed. I asked Magalie to turn the wheel, put my head underwater… and saw the rudder moving.

Maybe I am incompetent after all?

By then, everyone on the dock probably thought we were complete idiots. I didn’t even look their way. In any case, we had an engine to restart. So I hid inside to fix it while the dock staff grew impatient—we were blocking the fuel dock on January 2nd, one of the busiest weekends of the year.

Good news: the engine issue was obvious. The diesel supply valve was still closed after our tank cleaning.

Mauvaise nouvelle, ça a aspiré de l’air dans tout le système d’injection Perkins… et ça… ça peut être long à régler.

Les employés de la station-service nous font clairement savoir qu’il n’est pas question qu’on reste là pendant des heures à bricoler notre moteur… donc je décide de sortir le bateau en le remorquant avec le dinghy (ce que j’ai déjà fait, et qui n’est pas trop compliqué.)

On attache donc le dinghy à l’épaule du voilier, la méthode la plus efficace selon mon expérience… et on largue les amarres à nouveau.

Par chance, la lancha n’est plus là… et on nous tire/pousse volontiers à l’écart du ponton… enfin en eaux libres. Il ne reste qu’à remorquer le voilier sur 100m… puis on pourra respirer et essayer de comprendre ce qui s’est passé.

QUE LE SPECTACLE CONTINUE!

Je tire sur la pointe avant du voilier avec le dinghy, mais rien à faire… je n’ai aucun contrôle. Le voilier tourne sur bâbord… encore et encore… on est presque en train de retourner vers la station-service. Je n’y comprends rien. Je détache de dinghy du côté du voilier, en me disant qu’en tirant depuis l’étrave, le voilier n’aura pas trop le choix de me suivre. Je défais les amarres, je me replace une amarre à l’avant… ça commence à être fatiguant tout ça mine de rien.

Mais même en tirant à 90 degrés depuis l’étrave, j’arrive à peine à ramener le bateau dans le droit chemin. Je fais un tour avec l’amarre dans un anneau à l’arrière du dinghy, mais le dinghy pivote… je n’arrive pas à tirer assez fort on dirait. J’essaie debout, assis, en reculant… attaché à l’avant du dinghy; le voilier ne prend pas de vitesse et pivote toujours. Il refuse de me suivre… aussitôt que je le ramène dans l’axe, il repart de plus belle dans l’autre direction. Magalie est encore à la barre et tente de m’aider à redresser le bateau du mieux qu’elle peut. C’est un vrai cirque, je n’ose pas regarder à terre… j’ai peur de voir l’audience.

Si seulement le bateau avait un peu de vitesse, le safran pourrait faire sa job au lieu que je sois obligé de me battre à le maintenir en ligne droite. Je décide de pousser le bateau avec le nez du dinghy.

A ce moment ci, je n’ai pas encore compris le problème… mais si vous êtes un peu plus vites d’esprit que moi… vous avez probablement déjà compris.

Je pousse avec le dinghy… le bateau se dirige directement vers un bateau qui est à l’ancre à bâbord. Depuis l’arrière du bateau, je vois le safran qui nous amène vers bâbord, directement sur lui. Je crie à Magalie… « Tourne à tribord… à droite! »… et elle me répond… « C’est ce que je fais! ». Pis c’est là que j’allume.

…

Sachant que les drosses étaient installées à l’envers, les manœuvres furent soudainement beaucoup plus faciles. On s’est mis à l’ancre, avons purgé l’air du moteur, démonté la barre à roue, croisé les drosses dans le piédestal comme il se doit, et remonté le tout.

Il nous restait encore les carafones.. .qu’il fallait retourner au ponton de service… et affronter les regards. J’aurais tellement voulu leur expliquer ce qui s’était passé, pour qu’ils ne me jugent pas aussi durement. Mais mon espagnol est trop mauvais. Je n’aurais pas pu leur faire comprendre que l’impression était erronée. Ils devaient penser qu’on est un peu abrutis et incompétents. J’aurais voulu leur expliquer qu’on est en effet un peu abrutis et incompétents… mais pas pour la raison qu’ils pensent!

Bad news: air had entered the entire Perkins injection system… which can take time to bleed.

The fuel dock staff made it clear we couldn’t stay there for hours tinkering. So I decided to tow the boat out with the dinghy—a maneuver I’ve done before.

We tied the dinghy alongside—the most effective method in my experience—and cast off again.

Fortunately, the lancha was gone, and we were willingly pushed clear of the dock… finally in open water. Only 100 meters to tow before we could breathe and analyze what happened.

LET THE SHOW CONTINUE.

I pulled on the bow with the dinghy, but had zero control. The sailboat kept turning to port… again and again… almost heading back toward the fuel dock. I didn’t understand. I detached and tried towing from the bow directly. Re-rigged the line… exhausting.

Even pulling at 90 degrees from the bow, I could barely keep it straight. I tried different line leads, stood, sat, reversed… tied forward; the sailboat gained no speed and kept pivoting. It refused to follow. The moment I aligned it, it veered off again. Magalie stayed at the helm trying to help. It was a circus. I didn’t dare look at shore—I feared the audience.

If only the boat had some speed, the rudder could do its job instead of me fighting to hold course. I decided to push with the dinghy’s bow.

At that point, I still hadn’t understood the problem… but if you’re quicker than me, you’ve probably figured it out.

I pushed… the boat headed straight toward an anchored boat to port. From aft I could see the rudder turning us directly at it. I shouted to Magalie, “Turn to starboard—right!” She replied, “I am!” And that’s when it clicked.

…

Once we realized the steering cables were crossed, everything suddenly became much easier. We anchored, bled the engine, removed the wheel, crossed the cables properly in the pedestal, and reassembled everything.

We still had the water jugs to return… and the stares to face. I wanted to explain what had happened so they wouldn’t judge me so harshly. But my Spanish is too poor. I couldn’t make them understand that appearances were misleading. They must have thought we were idiots and incompetent. I would have liked to explain that yes, we are somewhat idiotic and incompetent… but not for the reason they thought.

Mais bon… tout est bien qui finit bien. On a réussi à partir du Guatemala, en route vers le Belize. (C’est pas très loin).

Anyway… all’s well that ends well. We’ve now left Guatemala, en route to Belize. Not very far.

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This Post Has 5 Comments

  1. Aline

    Ohhh lala, vous n’avez pas chômé avant de sortir du Guatemala.. et merci pour les photos qui me rappellent de beaux souvenirs de ce pays 🥰

  2. Daniel

    Toujours un bonheur de vous lire.

  3. Karmen

    Merci pour le partage, pas le temps de vous ennuyer on dirait bien, très belles photos j’ai hâte de voir celle du Belize, continuez votre belle aventure !
    À bientôt !
    Bisous xx

  4. Jocelyne Laniel

    Coucou les aventuriers!
    Vous m’avez bien fait rire avec l’aventure de Mag et Gaël ainsi qu’avec la mise à l’eau. 🙂
    Merci pour les très belles photos qu’on a la chance d’admirer sans trop d’efforts physiques, juste à partir du confort douillet de notre chez-soi…Quelle aubaine! 🙂
    Bravo Rémy pour ton texte…tu as une très belle plume…un vrai talent de conteur.
    J’attends la suite de votre navigation…Bon vent!

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